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Le gouvernement veut dissoudre un groupe d'ultradroite, Patria Albiges, et un d'ultragauche, Front de rue
information fournie par AFP 03/06/2026 à 16:37

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon à Paris le 3 juin 2026 ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon à Paris le 3 juin 2026 ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

Le gouvernement a annoncé mercredi son intention de dissoudre deux nouveaux groupements, l'un d'ultradroite, l'autre d'ultragauche.

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a proposé au président de la République, à l'occasion du Conseil des ministres, "la dissolution de deux groupements", le premier étant un "groupement identitaire d'ultradroite" dénommé Patria Albiges, et l'autre un "groupement d'ultragauche" appelé Front de rue, a déclaré la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, devant la presse à l'issue de la réunion à l'Elysée.

Patria Albiges se présente comme un mouvement de jeunesse identitaire albigeois, qui se veut un "acteur politique pour alerter la population sur l'actualité et les phénomènes de société que sont l'immigration, l'insécurité, le wokisme ou l'islamisme".

Onze militants d'extrême droite proches de ce groupuscule ont été récemment condamnés à des peines de quatre à huit mois de prison, avec sursis pour 10 d'entre eux, pour avoir pris part à une expédition punitive contre un militant antifasciste en 2025.

Âgés de 19 à 29 ans, ils s'étaient rendus à Albi (Tarn), en avril 2025, cagoulés, armés notamment de matraques télescopiques et de poings américains, avec "une attitude menaçante et revancharde", pour s'en prendre à un militant antifasciste.

Le porte-parole de Patria Albiges, lui, a été condamné en 2023 à huit mois de prison avec sursis pour avoir frappé deux jeunes Tarnais.

Avec seulement une dizaine de membres, Front de Rue "est un groupement antifasciste", né en 2025, et la majorité de "son action vise à combattre l'extrême droite", a déclaré un membre d'une organisation militante de gauche lilloise à l'AFP.

"Alors que les fascistes ne se cachent plus et deviennent de plus en plus violents, l'Etat choisit de s'attaquer à l'antifascisme", a réagi le collectif Front de rue dans un communiqué. Cette procédure de dissolution "n'a pas pour objectif de faire disparaitre le Front de rue mais bien de tenter de faire taire l'antifascisme dans son ensemble. Pourtant, cela sera impossible", a-t-il estimé.

En février, après la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque, le président Emmanuel Macron avait réuni des responsables gouvernementaux pour se pencher sur la lutte contre les "groupes violents ultra ou extrêmes".

Au sortir de la réunion, plusieurs groupes, deux d'ultradroite (le Bloc montpelliérain et Patria Albiges) et un d'ultragauche, étaient visés par une procédure de dissolution lancée par le ministère de l'Intérieur.

Depuis 2017, une cinquantaine de groupes, dont La Jeune garde et Lyon populaire, ont fait l'objet de décrets de dissolution en Conseil des ministres. Mais certains, comme Les Soulèvements de la terre, ont déposé un recours au Conseil d'État, qu'ils ont remporté.

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